D’une année à l’autre

2015 se termine, 2016 pointera son nez au milieu de la nuit.

Une année marquée collectivement par cette guerre aveugle qui nous a tous touché et qui nous angoisse. Une année particulière, cette année 2015.

Pour moi, elle a commencé calmement avec quelques amis réunis. Un bon repas, arrosé de bons vins, partagé avec de belles personnes parce que j’ai cette chance immense d’être entourée de merveilleux êtres humains qui composent mon cercle d’amis et ma famille.

Elle a été riche, cette année 2015, riche d’expériences, riche d’ouvertures. J’avais choisi de lui donner de l’importance parce qu’elle était celle de mes cinquante ans.

Le 7 janvier, mon ami Christophe m’a tatoué un phénix sur l’épaule. Pendant ce temps là, des fous assassinaient des artistes deux rues plus loin. Colère, sidération totale pour cette journée à jamais gravée dans ma mémoire et dans ma peau. Le phénix renaissait de ses cendres sous le stylet du tatoueur alors que la mort venait de frapper un des symbole de notre liberté. Le soir, mon épaule couverte de cellophane, je suis allée à pied jusqu’à la place de la République pour être avec les autres vivants.

Le 11 janvier, j’ai emmené mon fils place de la République, il nous fallait y être, montrer que les humains savaient aussi être solidaires  et que nos valeurs républicaines avaient un sens.

Ce mois de janvier 2015 m’a beaucoup marqué. Il y avait cette horreur autour de nous, mais aussi cette force de la vie et de l’union en nous.

Une nuit d’insomnie, près d’un homme qui dormait, j’ai ressenti encore plus fort que d’habitude, cette vraie fragilité de la vie. Cette nécessité d’être là. Être là, où nous sommes, dans l’instant présent.

Il était près de moi endormi, je me suis blottie contre sa peau douce, j’ai senti la chaleur de son corps, sa respiration. Je l’ai enlacé de tout mon corps et j’ai fermé les yeux, m’abandonnant à mes sensations de cet instant. La douceur, la chaleur, son cœur qui frappait dans sa poitrine juste sous ma main, son souffle, son odeur… Quelque chose de magique s’est produit, j’ai senti que chaque cellule de mon être était en communion avec l’univers dans cet instant présent, j’ai été envahie  d’une douce chaleur, d’un grand calme dans tout mon corps, et une évidence :

Je l’aime.

C’est ça l’amour, la douceur, le calme, la sérénité de l’instant dans sa beauté sa simplicité. J’aimerais distribuer cet amour à la terre entière, que chaque être vivant le ressente, parce que c’est tellement bon d’aimer et d’en être conscient.

C’est ça le bonheur, être là, dans ce moment présent, être consciente de l’amour en nous. Le ressentir, lui ouvrir la porte, l’accueillir sans se battre contre lui. Avoir la chance d’être vivante, percevoir chaque parcelle de cette peau contre la mienne, écouter le silence de la nuit, se délecter du parfum unique de l’autre, embrasser tendrement cette épaule, dans une merveilleuse plénitude.

Whouahh, ce moment à été une sorte de révélation. La vie est là, la vie est belle, c’est si bon d’aimer. Il faut le vivre pleinement.

De cette nuit de janvier  est né un poème que je partagerais peut-être un jour ici.

2015 est arrivée dans ces sentiments mêlés de janvier. Du microcosme au macrocosme l’amour rayonnera.

En 365 jours, il s’en est passé des choses. Je ne pourrais pas tout détailler tellement cette année a pu être riche d’expériences.

En vrac, une histoire d’amour très forte, un tir en plein vol, des pourquoi sans réponses, un burnout, du temps, beaucoup de temps, des kilomètres, beaucoup de kilomètres, un objectif, et pas des moindres « The NYC Marathon ». 50 ans, le marathon et la décision de faire le deuil de beaucoup de choses. 2015 restera une page importante de ma vie.

2015 se terminera dans la solitude, la convalescence de cette opération que j’ai subit il y a deux semaines. Ce n’est pas triste, bien au contraire, ma solitude est ma meilleure alliée.

À chaque instant de ma vie, cette solitude, ma solitude m’accompagne. Elle est ce moi qui n’existe pas mais qui prend tellement de place.

2015 se fermera ainsi tranquillement pour laisser place à 2016.

 

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De l’autre côté du pont

De l’autre côté du pont, le mystère de la vie.
Chaque rive offre au destin ses avancées.
Pas à pas, main dans la main pour la traversée,
Vers l’autre côté du pont, le fleuve en son lit.

Les amants observent quel est ce passage,
Cette eau où se reflètent tous leurs souvenirs.
Les haubans les projettent vers un avenir,
Chemin singulier du long apprentissage.

Au fil de la vie ils marchent vers le rivage,
Les lumières du soir, le ciel pour les réunir.
À la croisée des routes que va t’il advenir ?
Nul ne saura avant la fin du voyage.

Les âmes réunies resteront ébahies,
Devant la vie qui les invite à danser.
Sauront-elles résister à la peur de s’élancer
De l’autre côté l’avenir, que nul ne trahi.

Chris 2015

L’émerveillement en pleine conscience

Aujourd’hui, lors de ma méditation, mes pensées ont, un moment, traversé une réflexion sur notre capacité d’émerveillement. Une question m’est apparue et, comme j’essaie de m’appliquer de le faire (avec plus ou moins de succès), je l’ai laissé passer me disant que cela ferait peut-être un bon sujet de post pour ce blog.

Tous les enfants ont des capacités d’émerveillement extraordinaires. Nous avons tous en mémoire une frimousse ébahie qui s’accompagne parfois de quelques mots d’illustration de cette émotion magique.

En chacun de nous sommeille l’enfant que nous avons été (à ce propos d’ailleurs un livre magnifique de Thich Nhat Hanh « Se réconcilier avec l’enfant intérieur » qui a été, il y a quelques années, pour moi une jolie découverte.). De temps à autre, il peut être intéressant de retrouver ces émotions merveilleuses que nous avions avant que la vie ne nous abime en faisant de nous des adultes.

L´émerveillement s’avère une émotion positive magnifique facile à ressentir pour qui écoute ses sens : une belle lumière que la nature nous offre, un visage dans la rue, un sourire, une petite découverte, une belle phrase, un rayon de soleil, la lune, les étoiles, un regard, un objectif atteint, une surprise, un goût, une musique, une caresse, un mot, etc.

Il y a des milliers de choses chaque jour qui croisent notre chemin et qui peuvent réveiller en chacun de nous cette capacité à nous émerveiller.

Le secret, serait peut-être tout simplement de prendre le temps et de nous reconnecter avec nos cinq sens en harmonie avec notre respiration.

Avant d’écrire ce post, j’ai fait une petite expérience. Si certains sont intéressés vous pouvez  essayer et me poster vos retours en commentaires.

Pour participer, vous avez besoin de trois minutes, d’un café (d’un thé ou de toute autre breuvage que vous appréciez) et d’un carré de chocolat (ou de toute autre friandise que vos papilles adorent, calissons, bonbons etc.)

Préparez votre boisson et votre friandise sur une jolie petite assiette comme si vous le faisiez pour quelqu’un de très très important (un Bouddha, un Roi, votre maman, votre amoureux/se etc).

Installez vous confortablement dans un endroit calme, posez  l’assiette devant vous et regardez la comme si quelqu’un qui vous aime très fort venait de vous l’offrir.

Regardez le café fumer, humez son odeur, imaginez que vous allez déguster des mets très rares.

Pensez à tous les efforts qu’il a fallu pour que cette boisson et cette friandise arrivent jusqu’à vous : la graine qui a donné l’arbre, la pluie, le soleil qui ont favorisé la croissance des plantes, les humains qui ont travaillé dur pour produire, acheminer, transformer, emballer, mettre en rayon, préparer etc. C’est un vrai voyage

Puis, portez le carré de chocolat à votre bouche, croquez en un petit bout, laissez le fondre dans votre bouche et concentrez vous sur toutes les sensations, les émotions que cela vous évoque. Buvez une petite gorgée de café et laissez vos papilles analyser la finesse de ce mélange subtil chocolat/café. Écoutez les bruits autour de vous, la clochette qui tintille, le chat qui miaule… Accueillez en vous, ce qui se passe en restant concentré sur votre action, appréciez sans vous laissez distraire de votre dégustation pour autant. Recommencez jusqu’à ce que vous ayez terminé, faites durer le plaisir. Les sensations continuent au delà de la dernière bouchée ou gorgée, laissez les faire résonance en vous telle la dernière note d’un concerto de Mozart.

Remerciez l’univers pour ce beau moment (normalement là vous souriez), prenez une grande inspiration et sentez le calme et le bien être qui se sont installés en vous. L’être humain n’est-il pas merveilleux ?

Vivre en pleine conscience, juste trois minutes, peut nous faire toucher du doigt cette unicité de l’instant présent que, tant que notre vie est là, il est merveilleux de pouvoir apprécier.

n.hesitez pas à partager vos expériences.