Friends I love you

Un jour un fils annonce à son père qu’il va se marier. Il lui donne la liste de ses amis à inviter à son mariage. Le jour J arrive et le futur marié interroge son père : « Père, je vous ai donné une liste de 50 amis et il n’y en a que 7 présents. Où sont les autres ? Vous ne les avez pas invité ? ». Le père répond alors : « J’ai contacté toutes les personnes qui étaient sur ta liste en leur disant que tu aurais besoin de leur soutien aujourd’hui, à cette heure-ci, ici, parce que tu allais faire quelque chose de grave qui risquait de changer le cours de ta vie. Donc, tous tes amis sont là, la noce peut commencer mon fils. »

J’aime beaucoup cette petite histoire parce qu’elle nous rappelle effectivement que les vrais amis sont ceux qui sont là lorsque tu as besoin d’eux. Ils sont juste là.  Bizarrement ce ne sont pas toujours ceux que tu attends. La vie va et vient, de plus en plus vite, de plus en plus connectée et, finalement, cela ne modifie pas les vraies amitiés. En revanche la tendance à entretenir des amitiés virtuelles augmente. Ne serait-ce pas une sorte de miroir aux alouettes ?

Facebook, est un très bel exemple. Une de mes dernière expérience m’a fait mesurer la limite de ces liens d’amitié virtuels, de l’attente aussi que nous pouvons avoir de ces connexions impersonnelles. Lorsque quelqu’un donne de lui en postant des informations importantes qui nécessitent une certaine mobilisation de ses « amis » pour une cause humanitaire par exemple, lorsqu’il souhaite partager avec ses amis ses valeurs et sa mobilisation pour les autres… Et bien, très vite, la réalité de l’indifférence saute à la figure. Peu de gens réagissent !

Et puis parfois, une information un peu anecdotique déclenche un torrent de like, de commentaires ! Et puis, en fait ça dépend aussi de qui est en ligne au moment ou l’on publie.

Cela a été une vraie leçon et une vraie question qui me pousse, en ce moment, à m’interroger sur la pérennité de ma page Facebook.

Effectivement, maintenant mes « amis » consultent Facebook sur leur smartphone, les informations sont diluées dans d’autres informations. Elles sont regardées d’un œil parce que le temps manque ou qu’il faut passer le temps des transports ou d’une éventuelle attente. Finalement peu de gens se rendent compte qu’un ami a besoin d’eux et peu prennent ne serait-ce que le temps de cliquer sur un like pour montrer qu’ils ont pris connaissance de cette information et qu’ils la trouvent importante. Beaucoup zappent et, des ceux côtés de l’écran, l’indifférence crée de la distance.

Facebook et les autres réseaux sociaux sont des vitrines d’un « je vais bien et je le montre aux autres ! ». C’est génial, je cours, je golfe, je mange, je philosophe, bref, je m’éclate, ma vie est un fun perpétuel ! Cet affichage de photos avec le sourire, de post positifs, de citations philosophiques rassure « les amis » qui pensent que tout va bien madame la Marquise. Notre égo est aussi flatté car l’image projetée s’avère conforme aux désidératas de ce monde idéal dans lequel nous ne vivons pas mais que nous nous créons chaque jour.

Et bien non, tout ne va pas bien, je vous rassure, chacun reste humain et l’amitié, la vraie, celle de ceux qui savent être là quand un ami est dans le besoin ou lorsqu’il s’agit de partager une vraie joie n’est pas morte.

J’ai cette chance d’avoir de vrais et merveilleux amis (beaucoup d’ailleurs sont abonnés à mes posts et je les remercie car leur présence, leur regard sont importants pour moi). Certains ont su me montrer un réel soutien, surtout ces deux dernières années, qui ont été parmi les plus difficiles de ma courte vie. Les intimes, ceux qui s’intéressent vraiment, savent qu’en ce moment certaines parties de cette vie s’avèrent délicates à traverser mais que leur présence bienveillante est vraiment appréciée.

Ceux qui soutiennent les causes qui me tiennent à cœur, m’encouragent et participent aussi à améliorer le quotidien d’autres personnes. C’est fabuleux tout ça, ça fait chaud au cœur parce qu’au fond peut-être nous sentons nous moins seul. (d’ailleurs vous pouvez toujours participer à la collecte pour l’École du bois et me soutenir pour la Course des héros le 19 juin 🙂 http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld)

Aujourd’hui je me pose une grande question. Qui se rendrait compte si un de nous disparaissait ? S’il disparaissait de Facebook ou même finalement s’il disparaissait tout court ?

Si vous souhaitez avoir des nouvelles, si vos amis vous manquent, si vous avez envie de partager réellement des moments de leur vie. Appelez les, passez les voir, écrivez leur une carte postale (les mails c’est aussi sympa mais rien ne vaut des mots écrits sur du papier). Rien n’égale un sourire, un regard ou un rire pour se sentir bien vivant.

Mes amis je vous aime. La vie va vite, charge à nous de ralentir pour apprécier les vrais bons petits moments qu’elle nous offre.

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