La Traversée de la nuit

Lorsqu’il y a quelques années nous avons monté ce spectacle avec mon complice de scène Alain Bonardi, ce fut une aventure extraordinaire.

Le parti pris de mise en scène était d’interpréter la mémoire du personnage, qui avait raconté 40 ans plus tard son expérience de déportation, avec un système scénique capable d’apprendre et de restituer les émotions de la comédienne  générées au travers de sa voix.

J’ai toujours été fascinée par cette femme exceptionnelle qu’était Geneviève De Gaulle Anthonioz. La résistance, la déportation, ATD quart monde, ses interventions brillantes devant les injustices de la vie, sa classe, son engagement, un magnifique être humain altruiste et résilient. Un modèle pour nous tous.

Les moyens technologiques de l’époque nous avaient permis d’obtenir un magnifique objet scénique qui, malgré le peu de représentations, nous avait récompensé par de véritables moments forts dans l’aboutissement du travail collectif de cette équipe fabuleuse réunie.

Je me souviens de cette représentation scolaire où des jeunes de lycées des alentours ont assisté au spectacle qui était suivi d’un débat avec des anciens déportés. Un échange riche et chargé de beaucoup de belles choses. Un moment hors du temps où nous pouvons nous dire : « whouah, c’est pour cela que nous faisons notre métier! »

Jacqueline d’Alincourt, qui était la sœur de captivité de Geneviève De Gaulle à Ravensbruck, après la représentation, nous avait serré dans ses bras nous félicitant, les larmes aux yeux, d’avoir fait ce travail de mémoire et d’avoir représenté ce texte magnifique de son amie assez récemment disparue.

Ce spectacle m’a transporté dans des niveaux émotionnels rares et, chaque fois que j’en parle, je ressens la force de ce texte comme un véritable sens de ma vie en tant qu’artiste.

Oui, le sens de ma vie est là, exprimer sur une scène ce que l’Homme a de pire comme de meilleur et de le partager avec d’autres humains. Peut-être suis-je investie d’une mission ? En tout cas, là où je suis je ne me sens pas à ma place. Le monde devient fou et l’actualité fait de plus en plus écho à cette histoire encore trop proche dont chacun de nous est empreint.

Ces derniers temps, ma vie est teintée par une forme de violence récurrente qui me devient de plus en plus insupportable tant au niveau physique que psychologique. Le quotidien pathétique fait écho à bien des choses et je réalise que mon mal être et une de mes plus plus grande frustration trouvent une source dans le fait de ne plus pouvoir exprimer mes convictions profondes en les offrant à autrui sous forme d’art.

Cette sensation de mourir à petit feu un peu plus chaque jour, de subir la violence de ce monde sans pouvoir crier que la paix, la non violence, le pardon, l’altruisme, et l’Amour sont les chemins des Humains que les artistes doivent promouvoir, dénonçant les injustices et les aberrations de cette société mutante. Si nous nous taisons tous le monde deviendra bientôt muet.

Être en dehors de cette réelle expression de la vie me pèse de plus en plus car, le temps, la place, les moyens me manquent. Peut-être que cela s’avère un faux prétexte et qu’aujourd’hui je souhaite essayer de retrouver les autres, les humains, les vrais au travers de mon art pour vivre pleinement.

« La dimension du temps sculpte les souvenirs et les restitue lorsque la résilience atteint son paroxysme, que l’être humain se sent prêt de transmettre à ses semblables ce qui lui reste d’un traumatisme.  » ai-je écrit dans mes notes de mise en scène.

Peut-être ne suis-je pas prête à me laisser mourir de me taire et de subir en silence la violence de ce monde auquel il me semble ne plus vraiment appartenir ?

Nous avons les principales ressources nécessaires pour démarrer un nouveau et beau projet : l’envie, l’enthousiasme et quelques personnes motivées pour participer à ce nouveau spectacle intermédia, interactif avec un nouveau collectif d’artistes qui œuvrent ensemble dans ce même sens de l’art comme une nécessité. Ne sommes-nous pas une sorte d’ouvriers de la paix et de la non violence qui dénoncent l’horreur et l’injustice de croyances qui disséminent l’espèce humaine, ses ressources, son monde etc ?

Les nouveaux médias, les nouvelles technologies présentent d’extraordinaires opportunités de rencontres, d’échanges et de ressources. Peut-être certains d’entre vous se sentent ils aussi dans une motivation similaire ? Peut-être des idées novatrices emmergeantes, des collaborations internationales, des opportunités collaboratives que vous avez envie de partager vous traversent l’esprit ? Faites le nous savoir, toute idée, collaboration dans cet esprit collectif au service de ce magnifique texte de Geneviève De Gaulle Anthonioz, La Traversée de la nuit seront les bienvenues.

Références : http://www.alainbonardi.net/

http://www.babelio.com/livres/Gaulle-Anthonioz-La-traversee-de-la-nuit/12381

Un éternel recommencement 

Le temps, les minutes, les jours sont une invention de l’homme. Passer dans une nouvelle année ne s’avère en fait qu’une illusion comme la plupart des choses sur cette terre.

L’heure est pourtant au bilan de ce temps passé nommé année 2016. Pour moi, elle a été riche d’enseignements, de joies, de bonheurs. Les souffrances, les déceptions, les trahisons je les nomme expériences ou travaux pratiques.

Il serait exhaustif de citer ici tous ces instants qui ont composé cette année et qui ont généré quelques micros changements, quelques petites avancées sur ce chemin sinueux du bonheur. Les émotions, les sentiments sont le carburant de la vie, les apprécier pleinement, les accueillir vraiment, admettre ses faiblesses pour en faire ses forces voilà une jolie leçon qui m’a été offerte.

J’écris moins, j’agis plus, je stresse moins, je médite plus, je grossis moins, je cours plus, je râle moins, je patiente plus, je m’obstine moins, je renonce plus facilement…

Ma famille et mes amis sont mes trésors, je fais le vœu pour cette année qui commence de les voir plus, de les serrer souvent dans mes bras et de réussir à leur dire que je les aime (à défaut je l’écris pour ceux qui lisent 😉).

Cette année j’ai appris que l’amour se construit, qu’il n’est que le reflet de comment chacun souhaite le vivre et que le vrai partage arrive lorsque nous admettons qui nous sommes. Les bleus, les cicatrices de la vie, guérissent peu à peu grace au respect de notre être. Il semble impossible de ne plus avoir peur, cependant apprendre à exprimer ses peurs permet de mieux les comprendre et surtout que les autres vous comprennent mieux.

« Je suis comme je suis… » écrivait Jacques Prévert, j’ai appris que je suis qui je suis, et que j’ai beaucoup de chance d’être ainsi aussi imparfaite. Chaque jour, je choisis, je grandis, j’apprends, je comprends et je m’applique à devenir meilleure.

Le temps ne serait-il finalement qu’un chemin parcouru propre à chaque individu, son découpage ne servirait peut-être qu’à placer un curseur commun ?

Ce blog est passé un peu en sommeil, d’abord parce que mon besoin d’écrire est peut-être moins pressant, aussi parce que je ne prends pas le temps de m’en occuper réellement car sa finalité s’avère encore obscure, et parce que finalement peu de personnes le lisent, réagissent, s’y intéressent. Mon ego aurait besoin de public pour mettre en œuvre la motivation ? Certainement !

La vie actuelle est ainsi, la communication excessive tue la communication réelle.

Alors, cette année, je vais essayer de me déconnecter pour mieux me reconnecter. Entendre, voir, écouter, écrire des cartes postales ou des lettres, dîner ou déjeuner plutôt que de « textoter » , « facebooker », « mailer » et m’enfermer dans une représentation technologique d’un « moi » idéal qui s’éloigne peu à peu de mon être. Me rapprocher des êtres que j’aime, les regarder, les câliner, échanger de la chaleur, de l’amitié et du bonheur.

À tous mes lecteurs, je souhaite une belle année riche d’instants en pleine conscience, de paix intérieure, de grands et de petits bonheurs et de jolies découvertes.

 

 

Love

I’m sharing this text about love from Jalāl ad-Dīn Muhammad Balkhī and in the West simply as Rumi, he was born on September 30, 1207 C. E. in Balkh Province, Afghanistan.

When Love comes suddenly and taps
on your window, run and let it in but first
shut the door of your reason.
Even the smallest hint chases love away
like smoke that drowns the freshness
of the morning breeze.
To reason Love can only say,
the way is barred, you can’t pass through
but to the lover it offers a hundred blessings.
Before the mind decides to take a step
Love has reached the seventh heaven.
Before the mind can figure how
Love has climbed the Holy Mountain.
I must stop this talk now and let
Love speak from its nest of silence.

Rumi

Friends I love you

Un jour un fils annonce à son père qu’il va se marier. Il lui donne la liste de ses amis à inviter à son mariage. Le jour J arrive et le futur marié interroge son père : « Père, je vous ai donné une liste de 50 amis et il n’y en a que 7 présents. Où sont les autres ? Vous ne les avez pas invité ? ». Le père répond alors : « J’ai contacté toutes les personnes qui étaient sur ta liste en leur disant que tu aurais besoin de leur soutien aujourd’hui, à cette heure-ci, ici, parce que tu allais faire quelque chose de grave qui risquait de changer le cours de ta vie. Donc, tous tes amis sont là, la noce peut commencer mon fils. »

J’aime beaucoup cette petite histoire parce qu’elle nous rappelle effectivement que les vrais amis sont ceux qui sont là lorsque tu as besoin d’eux. Ils sont juste là.  Bizarrement ce ne sont pas toujours ceux que tu attends. La vie va et vient, de plus en plus vite, de plus en plus connectée et, finalement, cela ne modifie pas les vraies amitiés. En revanche la tendance à entretenir des amitiés virtuelles augmente. Ne serait-ce pas une sorte de miroir aux alouettes ?

Facebook, est un très bel exemple. Une de mes dernière expérience m’a fait mesurer la limite de ces liens d’amitié virtuels, de l’attente aussi que nous pouvons avoir de ces connexions impersonnelles. Lorsque quelqu’un donne de lui en postant des informations importantes qui nécessitent une certaine mobilisation de ses « amis » pour une cause humanitaire par exemple, lorsqu’il souhaite partager avec ses amis ses valeurs et sa mobilisation pour les autres… Et bien, très vite, la réalité de l’indifférence saute à la figure. Peu de gens réagissent !

Et puis parfois, une information un peu anecdotique déclenche un torrent de like, de commentaires ! Et puis, en fait ça dépend aussi de qui est en ligne au moment ou l’on publie.

Cela a été une vraie leçon et une vraie question qui me pousse, en ce moment, à m’interroger sur la pérennité de ma page Facebook.

Effectivement, maintenant mes « amis » consultent Facebook sur leur smartphone, les informations sont diluées dans d’autres informations. Elles sont regardées d’un œil parce que le temps manque ou qu’il faut passer le temps des transports ou d’une éventuelle attente. Finalement peu de gens se rendent compte qu’un ami a besoin d’eux et peu prennent ne serait-ce que le temps de cliquer sur un like pour montrer qu’ils ont pris connaissance de cette information et qu’ils la trouvent importante. Beaucoup zappent et, des ceux côtés de l’écran, l’indifférence crée de la distance.

Facebook et les autres réseaux sociaux sont des vitrines d’un « je vais bien et je le montre aux autres ! ». C’est génial, je cours, je golfe, je mange, je philosophe, bref, je m’éclate, ma vie est un fun perpétuel ! Cet affichage de photos avec le sourire, de post positifs, de citations philosophiques rassure « les amis » qui pensent que tout va bien madame la Marquise. Notre égo est aussi flatté car l’image projetée s’avère conforme aux désidératas de ce monde idéal dans lequel nous ne vivons pas mais que nous nous créons chaque jour.

Et bien non, tout ne va pas bien, je vous rassure, chacun reste humain et l’amitié, la vraie, celle de ceux qui savent être là quand un ami est dans le besoin ou lorsqu’il s’agit de partager une vraie joie n’est pas morte.

J’ai cette chance d’avoir de vrais et merveilleux amis (beaucoup d’ailleurs sont abonnés à mes posts et je les remercie car leur présence, leur regard sont importants pour moi). Certains ont su me montrer un réel soutien, surtout ces deux dernières années, qui ont été parmi les plus difficiles de ma courte vie. Les intimes, ceux qui s’intéressent vraiment, savent qu’en ce moment certaines parties de cette vie s’avèrent délicates à traverser mais que leur présence bienveillante est vraiment appréciée.

Ceux qui soutiennent les causes qui me tiennent à cœur, m’encouragent et participent aussi à améliorer le quotidien d’autres personnes. C’est fabuleux tout ça, ça fait chaud au cœur parce qu’au fond peut-être nous sentons nous moins seul. (d’ailleurs vous pouvez toujours participer à la collecte pour l’École du bois et me soutenir pour la Course des héros le 19 juin 🙂 http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld)

Aujourd’hui je me pose une grande question. Qui se rendrait compte si un de nous disparaissait ? S’il disparaissait de Facebook ou même finalement s’il disparaissait tout court ?

Si vous souhaitez avoir des nouvelles, si vos amis vous manquent, si vous avez envie de partager réellement des moments de leur vie. Appelez les, passez les voir, écrivez leur une carte postale (les mails c’est aussi sympa mais rien ne vaut des mots écrits sur du papier). Rien n’égale un sourire, un regard ou un rire pour se sentir bien vivant.

Mes amis je vous aime. La vie va vite, charge à nous de ralentir pour apprécier les vrais bons petits moments qu’elle nous offre.

Le pouvoir de la vulnérabilité

« To love someone fiercely, to believe in something with your whole heart, to celebrate a fleeting moment in time, to fully engage in a life that doesn’t come with guarantees – these are risks that involve vulnerability and often pain. But, I’m learning that recognizing and leaning into the discomfort of vulnerability teaches us how to live with joy, gratitude and grace ». Brene Brown

Merci Misa d’avoir partagé cette phrase avec moi et de m’avoir conseillé la conférence TED que je vous conseille à mon tour. Cette femme est extraordinaire et explique avec humour ce que nous sommes nous les humains.

Breathing life

Le souffle est notre première lueur, le souffle est notre dernière étincelle.

Inspirer, expirer nous maintient en vie. Quoi que nous fassions le souffle est là, lorsqu’il nous abandonne c’est la mort.

Ici bas, nous devons composer avec notre patrimoine génétique, une apparence, un corps que nous n’avons pas choisi.

Au fil de la vie, nous grandissons, et petit à petit prenons conscience que ce corps qui nous a été offert n’est finalement qu’un véhicule qui nous déplacera de notre premier à notre dernier souffle. Combien de respirations seront effectuées dans cet intervalle incertain ?

Longtemps j’ai détesté être, ce que je pourrais nommer, prisonnière de mon corps. Je le percevais trop grand, trop lourd, trop rigide. Je l’ai boudé, maltraité, méprisé.

Il y a quelques mois, par hasard (s’il existe ?) je suis arrivée chez Misa pour participer à un atelier de Yoga nommé « Relax and Renew » que l’on pourrait traduire par détente et renouveau (du moins, c’est comme cela que moi j’ai perçu les choses !). Peut-être faut-il préciser que j’avais déjà tenté une première approche du Yoga il y a quelques années et, qu’après une petite dizaine de cours passés à essayer de singer de belles femmes souples, qui semblaient prendre tellement naturellement de magnifiques postures aux noms poétiques d’animaux magiques, je me sentais encore plus raide, plus lourde et plus encombrée par ce corps sur lequel, il me semblait totalement impossible d’avoir un quelconque contrôle.

En fait, je ne devais pas être prête à ce moment là, ou je n’étais peut-être pas non plus au bon endroit ?

L’atelier Relax and Renew fut comme une sorte de révélation, mais aussi un peu comme une réunification de beaucoup de choses que j’ai pu, durant ma courte vie, toucher du doigt sans en réaliser réellement le sens profond. Pour pratiquer le Yoga, il faut d’abord accepter ce que l’on est et aimer ce corps qui nous sert de véhicule tout au long de notre vie. L’aimer quel qu’il soit, le respecter et en prendre soin. Le yoga fait du bien.

Je ne suis, pour l’instant, qu’un petit bébé yogi, mais j’ai compris grâce à ces premiers ateliers (que j’attends chaque semaine, avec impatience), qu’au fond de moi résidait le secret de la puissance qui habite chaque individu.

Tout est souffle, tout est respiration, j’inspire, j’expire donc je vis.

Je respire, donc je suis, je respire comme je suis.

Les émotions, le sport, les relations avec les autres êtres, le sommeil, etc. tout est souffle.

Je tente de respirer en conscience au maximum dans mon quotidien. Le matin, au réveil, je prends le temps d’écouter mon souffle, je remercie la vie d’être là, je respire l’air de la pièce, le parfum et le souffle de l’homme qui partage parfois mes nuits, je respire son premier sourire, sa chaleur, son amour, le mien… Je m’étire et dis bonjour à ce corps qui va transporter mon âme au fil de la journée.

Lorsque je mange, me lave, cuisine, travaille, cours, me détends, lis, pilote ma moto, traverse Paris, ou simplement suis là ici maintenant, je tente d’aiguiser peu à peu la conscience de ce que je vis. Par exemple, ces larmes qui coulent lorsque mon adolescent de fils me pique en plein cœur, je les respire. Elles sont l’expression de la souffrance de ne pouvoir l’aider à soigner la sienne. J’identifie l’impuissance et je l’accepte. Lorsque je cours dans la forêt après la pluie, j’écoute mon souffle, il traduit l’état de mon corps. Un petit coup de fatigue, une bonne inspiration… Là, le chant d’un oiseau, que c’est beau… Que c’est bon cette odeur d’humus et de fleurs fraiches, j’expire et imagine que j’expulse mes mauvaises pensées et les doutes qui parfois assaillent mon esprit. Le souffle nourri mon corps, apaise mon âme. En conscience je tente de l’utiliser pour détendre ma nuque, mes épaules, tous mes muscles raidis au fil des ans parce que je n’étais pas encore consciente que l’air pouvait tout alléger.

Le secret c’est de lâcher prise et, pour cela, être au plus près de son souffle semble indispensable. Tout cela n’est pas magique et on ne change pas un demi-siècle de mauvaises habitudes en quelques semaines. En revanche, prendre conscience que tout est souffle, s’exercer à analyser, scanner nos respirations devrait nous mener vers de réels progrès.

Outre de belles rencontres avec de belles personnes, Relax and Renew est une sorte de rendez-vous de régénérescence de mon esprit et de mon corps. Travailler en harmonie, en sécurité avec ces autres êtres, se laisser guider (en français ou en anglais selon les participants) par la voix bienveillante de Misa est chaque semaine un vrai bonheur.

Il y a, parfois dans la vie, de petites choses qui génèrent en nous de grands changements. L’essentiel est ne ne pas les laisser passer. Respirons tout ce que la vie nous offre, même si parfois l’émotion est difficile, vivons la, inspirons, expirons, détendons notre corps pour écouter le message de notre esprit. Regardons le monde avec le miroir de notre âme, regardons nous sincèrement et crions « Merci la vie ».

Pantoum

Un Pantoum est un poème malais de vingt vers, dont plusieurs se répètent. Il aide à visualiser l’essence du moment et à cerner ce qui se trame au fond de nous. Une écriture méditative et amusante, qui traduit ce qui apparait à l’esprit spontanément.

Je me suis prêtée au jeu dans un TGV qui me ramenait vers Paris avec pour thème ce qui me (pré)occupe en ce moment ?

—-

Faut-il ouvrir un jour mon coeur à l’amour ?
Dans un train à grande vitesse,
Les paysages défilent sous mes yeux, champs, forêts, espaces de liberté,
L’amour, au fond de mon coeur blessé, timide n’ose pas s’épanouir.
Dans un train à grande vitesse,
La vie défile, rapide et trépidante,
L’amour, au fond de mon coeur blessé, timide, n’ose pas s’épanouir,
Souhaite éclore comme une fleur de lotus.
La vie défile, rapide et trépidante,
Là, maintenant, dans cet instant présent,
Souhaite éclore comme une fleur de lotus,
Prend racine dans la vase, traverse l’eau vers la lumière,
Là, maintenant, dans cet instant présent,
En paix, calme et sereine,
Prend racine dans la vase, traverse l’eau vers la lumière,
Après ce long et douloureux chemin, le soleil éclaire la vie,
En paix, calme et sereine,
Là, maintenant, dans cet instant présent,
Après ce long et douloureux chemin, le soleil éclaire ma vie,
Faut-il ouvrir un jour mon coeur à l’amour ?

03-2015

Apprivoiser l’absence

Il y a vingt cinq ans que mon ami Pierre est parti. Pendant ses neuf derniers mois, je l’ai presque quotidiennement accompagné sur cet ultime bout de son chemin de vie. Ce fut une des expériences les plus fortes et les plus enrichissantes de mon existence.

Vingt cinq ans durant lesquels j’ai appris à apprivoiser l’absence de cet être aimé.

Sa photo trône au dessus de mon bureau et, chaque jour, Pierre veille encore sur moi comme il l’a fait tant d’années avec son amitié, sa compréhension et sa bienveillance si précieuses.

Vingt cinq ans qu’il est parti et il me manque toujours.

Pourtant, lorsqu’il m’arrive de douter, de m’interroger, d’avoir besoin du conseil d’un ami, je pense à lui et me demande ce qu’il m’aurait posé comme question pour me faire avancer. Il avait ce don de ne jamais donner de réponses toutes faites mais de pousser l’autre à trouver ses propres réponses en lui posant les bonnes questions.

La veille de sa mort, nous avons eu un de ces moments très rares que la vie nous offre parfois comme des cadeaux. Cette soirée de mars 1991 reste gravée dans ma mémoire.

J’ai poussé la chaise roulante vers le bout du couloir d’hôpital, là où se trouvait le distributeur de boissons. Nous avons pris des chocolats chauds, j’étais assise sur un siège en plastique. Nous avons ri de ce chocolat qui avait plus un gout d’eau sucrée que de cacao. Il l’a bu avec plaisir. Cela faisait des jours que je n’avais pas vu Pierre autrement qu’allongé dans son lit. Aller au bout du couloir boire ce chocolat était une excellente surprise. Je me souviens de son visage. Il ressemblait à Gandhi avec ses petites lunettes rondes cerclées d’or devant ses yeux rieurs que j’adorais.

Nous sommes retournés dans sa chambre, je l’ai aidé à se coucher dans son lit. Un de ses pieds se gangrenait, l’odeur qui régnait dans cette chambre d’hôpital était celle de la viande en décomposition. Son pied pourrissait mais il s’avérait trop risqué et inutile de l’amputer. Le personnel soignant emballait soigneusement cette extrémité qui pourrissait un peu plus chaque jour.

Je me suis assise près de lui. Une belle lumière de fin d’après midi perçait par la fenêtre face à moi. Je lui ai pris la main et nous sommes restés un long moment silencieux dans cet éclairage naturel d’un moiré orangé. Je me souviens de cette main frêle, de ce poignet décharné, dont le contact était si particulier. Pierre m’a regardé derrière ses petites lunettes et m’a dit combien il appréciait ma présence dans ces moments difficiles, m’a remercié pour ces petites surprises que je lui rapportais à chacune de mes visites et pour ces gestes quotidiens pour lesquels je l’aidais parfois (se raser, faire pipi, manger, boire…). Je me souviens qu’à ce moment là, quelque chose de très fort s’est passé en moi et que je n’ai pas su l’exprimer. Je ne savais pas trop quoi répondre car, ces mots très profonds, m’ont touchés en plein cœur. Ce fut des mots bruts prononcés d’une voix douce, d’une sérénité et d’une sincérité sans artifices. Je n’ai été capable que de répondre des banalités du style « c’est normal », « ça ne me dérange pas », « ne t’inquiètes pas, tu vas guérir vite »… Le silence aurait été plus puissant, il s’est installé très vite dans la pénombre de la chambre.

Pierre s’est endormi, ma main dans la sienne et, je ne sais pas combien de temps ce moment a duré, le temps semblait suspendu dans cette lumière irréelle. Je lui ai retiré ses lunettes et il a souri. Ce fut d’inoubliables instants de vie et j’aurais aimé, à ce moment là, lui dire combien je l’aimais et combien il comptait pour moi. J’en ai été incapable, par pudeur, réserve, ou je ne sais quoi. Dire à un ami « je t’aime » ne me semblait pas « conventionnel » et, même si je l’ai ressenti très fort, je me suis tue.

Je suis restée dans la nuit jusqu’à l’heure de fin des visites. J’ai embrassé Pierre sur le front et lui ai dit à la semaine prochaine car je devais partir pour quelques jours à la montagne le soir même.

Quarante huit heures après, le téléphone a sonné pour m’annoncer que Pierre était décédé.

Il m’a fallu apprendre, devant l’inexorable caractère de la mort, à apprivoiser l’absence.

Vingt cinq ans se sont écoulés, l’expérience m’a fait rencontrer d’autres absences à apprivoiser.

Au fil du temps, j’ai compris que la vie n’était qu’une succession de deuils, ce qui existe peut, à tout moment, disparaitre. Lorsque j’avais vingt cinq ans, il y a vingt cinq ans, je n’en étais pas consciente. La mort de Pierre fut une des premières grande leçon de mon existence. Vivre l’instant présent pour ce qu’il est, seule avec soi-même, accompagnée de ceux avec qui nous le partageons, séparés de ceux que nous aimons… Vivre et aimer. Ces deux verbes ne se conjuguent qu’au présent. Vivez, aimez parce que cet instant là est unique.

Chaque jour, cette photo d’un jour merveilleux à l’Ile de Bréhat me rappelle que j’ai grandi parce que j’ai cette chance d’être en vie et de pouvoir conjuguer au présent je suis en vie et j’aime la vie.

 

 

 

Le pouvoir de la gratitude et du don

« Pratiquer la gratitude est une façon simple et efficace d’amener du positif et plus de bonheur dans votre vie et, plus pragmatiquement, dans votre quotidien. La gratitude, c’est un sentiment de reconnaissance que nous éprouvons lorsque nous réalisons la saveur de ce que nous vivons. » Florence Servan Schreiber

Le pouvoir de la gratitude est immense et chaque jour, je m’applique à apprécier le verre à moitié plein et de me réjouir de tous ces cadeaux que la vie m’offre. La course est une source intarissable de bonheur que j’aime partager.

Courir pour le plaisir, courir pour se dépasser, courir pour oublier, courir pour vivre…

Cette chance de pouvoir enfiler ses chaussures de running, de partir pour quelques heures en forêt, pour un tour dans le parc de Maisons Laffitte, pour un entrainement avec les gens sympathiques du club, pour un trail, pour une course, un semi ou un marathon ou juste pour le plaisir de sentir son corps bouger.

Beaucoup d’entre vous m’encouragent au quotidien et suivent ma modeste progression dans mes aventures de course à pied. Votre soutien m’est précieux. Merci.

Chacun de vous peut aujourd’hui participer directement.

Comme écrivait Winston Churchill « On gagne sa vie avec ce que l’on reçoit, mais on la bâtit avec ce que l’on donne. » Alors, finalement, avoir l’opportunité de courir pour donner offre encore plus de sens à cette pratique.

Courir pour aider des jeunes à recevoir une formation et à construire leur avenir est un défi fabuleux auquel chacun de vous peut participer.

Le 19 juin 2016, je participerai à la course des héros.Vous pouvez m’encourager et me soutenir. Pour participer, chaque coureur s’engage à récolter une somme pour soutenir une association. C’est un défi caritatif. Les fonds sont collectés via un site sécurisé. Toutes les sommes versées iront directement à l’association que le sportif représente.

J’ai choisi de courir pour soutenir le projet de l’École du bois car je connais personnellement les fondateurs. Cette école forme de jeunes cambodgiens aux métiers du bois afin de leur offrir un avenir prometteur. Vous pouvez aller visiter le site de l’EDB pour vous faire une idée plus personnelle des actions menées sur http://www.lecoledubois.org/ (présentation en anglais) et http://www.lecoledubois.org/fichiers/EDB%20Presentation.pdf (présentation en français)

En faisant un don à l’École du Bois vous contribuez à défendre un principe qui m’est cher et que Lao Tseu a merveilleusement mis en mots : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. »

Vous pouvez donner, chacun selon vos moyens via cette page http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld en cliquant sur « faire un don ».

Les dons sont sécurisés et les sommes iront directement à l’association. Il n’y a aucun intermédiaire.

Pour remercier tous ceux qui auront fait un don sur ma page http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld j’offrirai un cadeau de remerciement.

Vous avez été nombreux à apprécier mes photos qui illustrent ce blog alors offrez vous le plaisir d’en détenir un tirage chez vous.

Faites un don et vous recevrez un tirage original (13 X 18) dédicacé de la photo que vous choisirez parmi toutes celles parues sur ce blog.

« C‘est en donnant que tu recevras. » Içavâsya Upanishad, Les Upanishads (livre sacré de l’Inde)

Alors donnez, vous recevrez, savourez le plaisir du don, vous ressentirez de la gratitude et vous vous réjouirez de contribuer à construire l’avenir.

http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld

 

Des êtres exceptionnels

Beaucoup d’entre vous ont réagi à mon post sur les hypersensibles.

Un très bel article, très éclairant que je partage avec vous.

Les personnes hypersensibles sont des êtres exceptionnels