Après l’automne l’hiver, après la vie, la mort…

1F657ED5-136A-4C4F-BED0-EC8536E34678La vie nous offre sans cesse des leçons merveilleuses. La mort s’avère, avec notre naissance, la seule certitude offerte à chacun d’entre nous. Elle peut frapper à tout moment, happant le passant au détour d’une promenade ou le dormeur en plein rêve. Rien de ce qui va nous arriver n’est connu à l’avance et pourtant la mort, notre mort représente une certitude de la vie, de notre vie.

En juin dernier le cancer a emporté mon amie Myriam. L’avoir veillé pendant ses dernières nuits jusqu’à son passage dans l’autre monde fut une très belle et forte expérience. Être présente lorsque son esprit s’est élevé vers les cieux et a donné la force à son corps épuisé de se relever en accueillant la lumière dans ses bras. Magnifique moment qui termina l’horreur de cette fin de vie rongée par la maladie.

La mort est magique car elle dégage l’humain de tout. Le corps reste là, abimé, détruit par la maladie mais l’esprit s’envole pour d’autres aventures. Il se libère, il nous libère !

Ces derniers jours, c’est ma mère que j’accompagne. Ironie du sort, c’est la même maladie que celle de Myriam qui la dévore. Ses forces diminuent à chaque instant, son corps n’est plus qu’un amas de chair inutile à tout mouvement, à toute volonté. Les besoins vitaux sont assurés artificiellement, le traitement palliatif soulage les douleurs qui, sans lui, seraient probablement atroces et insupportables.

Les nuits sont rythmées par le « bip » de la perfusion électronique qui assure l’hydratation et la précieuse morphine qui soulage et endort peu à peu ce corps meurtri.

La nuit dans un fauteuil, dans un hôpital, près de ma mère en fin de vie, je n’ai rien à faire d’autre que d’être là, présente, à attendre que les fonctions vitales s’arrêtent et de veiller que la souffrance soit supportable lorsque la douleur parfois se réveille.

Ma modeste pratique de la méditation m’a habituée à laisser filer les images, les émotions qui circulent dans mon esprit. La mort de notre mère renvoie directement à l’inexorable mais aussi à qui nous sommes donc aussi à notre propre mort.

Notre mère est notre plus ancien compagnon puisqu’elle nous a mis au monde après nous avoir porté, elle nous a nourri, éduqué, élevé, elle nous a soigné, a séché nos larmes, consolé nos chagrins, partagé avec nous presque tout ce qui compose notre vie. Maintenant, elle est là sans forces, nous son enfant devenu adulte prenons soin d’elle pour qu’elle puisse partir dans les meilleures conditions possibles.

Je n’ai pas peur, je sais que tout comme l’hiver succède à l’automne, la mort arrive à la fin de la vie. Tout cela continuera après notre propre mort. Quoi qu’il arrive, c’est ainsi.

La nuit lorsque je reste éveillée près du corps de ma mère endormie grace à de puissants sédatifs, le film de ma vie, de multiples moments partagés, des pensées, des sensations traversent mon esprit. Le calme ponctué de bruits inhérents à l’endroit, la position inconfortable sur le fauteuil rappellent sans cesse ce qui se joue ici dans cette chambre.

Finalement la mort replace l’individu dans son contexte. Seules les vraies personnes, celles qui ont un amour pur sont présentes, pas forcément physiquement, mais physiologiquement pour nous accompagner. Les levers et les couchers de soleil prennent un sens nouveau dans la conscience de devoir y renoncer aussi un jour…

Je m’interroge, quelles seraient, in fine, les personnes que j’aimerais avoir près de moi, si, un jour, je me retrouvais dans une situation similaire ? Serais-je en mesure d’avoir pardonné à tous ceux qui m’ont blessée ? Et ceux que j’ai blessé m’auront-ils pardonnée ? Partirais-je dans cette sérénité que je rêve d’atteindre ?

Ce que je sais, c’est que j’aimerai trouver cette paix intérieure, cet amour universel, auxquels j’aspire depuis des années et qui, dans les blessures de la vie, ne sont pas toujours d’une belle évidence.

Lorsque la lumière m’appellera, je voudrai être prête à l’accueillir pour rejoindre ce pays pur.

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Berlin Marathon « la souffrance passe, la fierté reste »

Lorsqu’en novembre dernier le tirage au sort nous a désigné pour participer au Marathon de Berlin, je n’avais pas idée de la tournure nouvelle que la vie m’offrirait d’ici là.

Un Marathon s’avère un long chemin, surtout la préparation qui dure généralement une douzaine de semaines. Celui de Berlin fin septembre semblait idéal pour le préparer en été. Donc, c’est parti… billets d’avion, Airbnb…

Décidée à faire tout au plus près des instructions de mes coachs préfères, l’intention était là.

L’objectif 4:30 paraissait réaliste pour la tortue que je suis. Il fallait travailler la VMA et avaler quelques dizaines de kilomètres par semaine.  Tranquille pendant 5 semaines de vacances, cependant, c’était sans compter sur les aléas (qui s’avèrent in fine des cadeaux) qui m’ont été offert par la vie. Pas de réelles vacances mais un été plutôt original entre travaux, cartons, déménagement, pilotage de camions et manutention.  Exit le plan d’entraînement de rêve avec footing en bord de mer, VMA dans les montagnes etc…

La préparation fut, vous l’aviez compris, un peu chaotique, avec en plus quelques petits bobos par ci par là, comme un mollet capricieux et trop souvent douloureux. Néanmoins, à force de charrier des matériaux, et de transbahuter des cartons, des meubles, des gravats etc, j’ai pas mal travaillé les bras qui sont d’excellents alliés pour les coureurs.

Berlin représente, pour moi, une ville symbolique tant au niveau historique qu’artistique. La traverser en courant s’avérait une forme de quête initiatique.

La souffrance, parfois encore inscrite sur les murs, la douleur des familles séparées, des enfants enlevés à leurs parents, des persécutions, des viols… Berlin est une ville de mémoire. La porte de Brandebourg,  la place de la victoire, les églises, les synagogues, le Tiergarten, le Zoo, tout est très chargé.

À New York, il y a deux ans,  j’ai couru mon premier Marathon. Il fut celui d’un nouveau départ, celui de ma reconstruction, de ma guérison, la renaissance de ma confiance en la vie et en mes capacités d’avancer et d’aimer. Le Marathon de Berlin pourrait être celui qui marque un réel retour à la vie, l’acceptation qu’être deux à avancer vers un objectif commun existe, s’avère plaisant, rendplus fort et que la vie nous envoie toujours des cadeaux qui nous font grandir meme dans les épreuves.

Le fait que mon entraînement fut relativement incomplet m’a obligé de lâcher sur mes exigences personnelles et mon objectif de chrono. J’ai dû accepter et renoncer pour aiguiser ma volonté de participer simplement pour terminer en bon état et en me faisant plaisir. L’expérience magnifique mais néanmoins extrêmement douloureuse de New York restera gravée en moi. J’ai mûri, compris beaucoup de choses dans l’année qui a suivi, l’arrêt obligé de la course, une reprise difficile ont été riches d’enseignements.  Ces travaux pratiques que la vie m’a offert m’ont appris que rien ici bas (surtout pas une course) ne justifiait de mettre ma santé en péril. J’ai donc abordé Berlin sereine avec la volonté de me faire plaisir et de vivre pleinement ce Marathon comme un cadeau du ciel.

Berlin est connu pour son ambiance chaleureuse, son Marathon est un des plus roulant du monde car la ville est très plate.

Le départ de ma vague (il s’agit d’une vague humaine composée d’individus censés courir à des vitesses similaires. Vague 2:00, vague 2:30, etc…) est prévu à 10:00, j’accompagne mon chéri qui doit partir une demie heure avant moi (normal il court plus vite que moi). Quelques copains de son club sont là aussi. Avec certains qui avaient un départ dans la même vague que moi nous avions décidé de nous attendre à Potzdamer Platz.

Dans le métro nous rencontrons Monique et son papa. Monique semble avoir une petite soixantaine et son papa approcher les 80 ans. Nous discutons et ils nous expliquent courir le Marathon ensemble depuis 17 ans. Leur duo me touche et je les invite chez moi à Paris pour courir le Marathon. Rencontre très sympathique qui d’ailleurs nous a épargné de prendre le UBahn (métro) dans le mauvais sens…

Potzdamer Platz, mon chéri retrouve une copine de son club et file pour rejoindre son départ. Je les aurais bien suivi mais il me faut attendre les autres. Je poireaute en regardant passer des hordes de coureurs et de supporters. J’apprends que finalement ils sont déjà en route et ont oublié notre rendez-vous. Sympas les copains du club de mon chéri !

Une bonne demie heure de marche à travers le Tiergarten, poumon de Berlin pour rejoindre le départ. Je fais un bout de chemin avec deux indonésiens adorables étonnés de la beauté des arbres. Je leur explique l’histoire de ce bois au milieu de Berlin.

Lorsque j’arrive aux abords du Départ, celui des élites vient d’être sifflé et je vois passer ces coureurs magnifiques, aux jambes longues, qui commencent tranquilles à une petite vitesse d’environ 18/20 km/h. Extraordinaires foulées d’une légèreté inouïe.

Magnifique moment, magnifiques athlètes dont la vue me rappelle qu’un métissage germano-italien s’avère morphologiquement plus massif qu’un kenyan ou éthiopien.

Arrêt technique, ici les WC sont roses bonbon on ne peut pas les louper ! J’adore. Une petite pensée pour une vieille chanson d’enfant intitulée « Klopapier » (mes cousins comprendront).

Les vagues se suivent ininterrompues, je me glisse dans la G (alors que mon départ est H) grattant ainsi de précieuses minutes d’attente, espérant aussi apercevoir mon chéri et la copine qui partent dans celle-ci.

La vague avance et je commence à trottiner me disant que partir une demie heure plus tôt ne peut être que positif car si j’arrive à être raisonnable et à ne pas me laisser entraîner par le flux euphorisant des coureurs, je serai plus tôt à l’arrivée, donc moins mouillée. Ah, j’avais oublié de préciser qu’il pleut.

Et là, mon chéri et sa copine Géraldine me rejoignent comme par magie. C’est fort de nous retrouver parmi 50.000 coureurs quelques mètres  après la ligne de départ. Petit moment d’échange, un petit bisou, un selfie, puis, je les laisse avancer à leur rythme plus soutenu que le mien pour rester à mon 6 minutes par km. Mon objectif, arriver au bout de ce Marathon, en bon état. Je sais que je dois être raisonnable. Ne pas me laisser gagner par l’euphorie du départ, ne pas vouloir battre de record, ne pas forcer… cela impose beaucoup de « ne pas » pour les prochaines heures.

Courir est, pour moi, avant tout, un plaisir. Il y a tout juste quatre ans je courais ma première course. « La Parisienne » une petite course de 7 km dans Paris. Depuis, j’ai usé quelques paires de running, parcouru pas mal de kilomètres et progressé à mon rythme avec mes modestes capacités.

Dans cette grisaille berlinoise mon objectif devient clair : tenter de courir ces 42,195 kilomètres en pleine conscience.

Observer ce qui se passe, observer ce que mon corps me dit, observer mon esprit, sentir les odeurs, écouter les bruits, respirer l’air berlinois en surfant sur mes pensées et mes sensations. Être là où je suis à chaque instant.

Cette expérience fut extrêmement plaisante jusqu’au 28eme kilomètre. Les longues avenues berlinoises sont propices à un pilotage automatique du corps. Mais, au 28eme kilomètre mon dos commence à m’envoyer une douleur jusqu’alors inconnue de mon corps. À l’écoute, je prends cela comme un signal. Étant passée dans un temps correct au semi (21 km) , je caressait déjà la possibilité d’arriver  dans un objectif temps d’une heure de moins que New York (on ne se refait pas !).

Premier renoncement donc : si je marche 4:30 cela ne le fera pas… tant pis, plaisir et santé avant tout.

Je mange un peu, bois pas mal et marche. Sur le côté je vois une jolie visière abandonnée sur le sol. Je me baisse pour la ramasser (que la terre est basse à Berlin !). Il y a écrit dessus « born to swim bike run » cela me fait beaucoup rire (venant de me mettre au triathlon), je prends cela comme un signe et la ramasse. Je papote avec une française qui semble avoir aussi un bon coup de mou puis l’encourage à repartir ensemble. Là c’est dur, le dos que j’avais un peu oublié me rappelle à l’ordre. Bon, il va falloir gérer… et la pluie revient… la sentir qui ruisselle sur mon visage en tentant de rester dans la sensation de chaque goutte m’occupe un moment.

Mes pensées oscillent entre euphorie, douleur et la réelle joie d’être là, de courir. Je pense à tous ceux qui ne peuvent pas ou plus le faire. Je me mets à compter mes morts. Drôle d’idée en y repensant aujourd’hui, mais le Marathon plonge l’individu dans des états de conscience insoupçonnés. Combien d’êtres chers ont quitté cette vie trop tôt ? Mon Pépé parti quand j’avais 6 ans, Nathalie notre copine d’école, morte d’un cancer à 14 ans, Pierre,… la lucidité semble un peu m’abandonner, je n’arrive pas à compter tous mes morts… la dernière, Mimi, mon amie de plus de 30 ans, partie il y a quelques mois occupe mes pensées une bonne partie de mon parcours. Je l’entends parfois qui me souffle « Allez Titine » (elle était la seule à avoir ce privilège de m’affubler de ce surnom ridicule) et ça me fait sourire. Le Marathon modifie l’état naturel de conscience, quelques bizarreries me traversent l’esprit…

Le fil de mes pensées s’interrompt parfois pour discuter quelques kilomètres avec d’autres coureurs.

De quoi parle  t’on pendant un Marathon ? Et bien de courses et de marathons la plupart du temps. Par exemple je suis en train de courir en papotant avec un homme sympathique qui me parle du Marathon de Rome. Extraordinaire, ce Marathon, fait passer les coureurs par tous les sites historiques de la ville… et me voilà le Marathon de Berlin encore in process, trottinant sous la pluie, rêvant déjà de courir le marathon de Rome, m’imaginant arrivant au Colisée….

Je rappelle mon esprit à l’ordre : pas de passé, pas de futur, juste le moment présent ! Non mais ! Regarde où tu es Chris ! Marathon de Berlin ! c’est merveilleux d’être ici, maintenant, dans cet instant unique, dans cette ville qui a tant souffert et qui semble, tout en ayant gardé trace de la souffrance, l’avoir transcendée en énergie positive. Les familles nous encouragent, les musiciens donnent un maximum pour chauffer l’ambiance et la pluie n’arrête pas le public. Cours Chris, chaque foulée te rapproche de l’arrivée.

38eme km encore un gros coup de mou, la douleur dans mon dos s’accentue et un tiraillement douloureux apparait dans mon côté gauche (ce dernier me rappelle New York !). Je marche un peu, me sentant proche de l’arrivée dont j’entends la clameur au loin. Je dois récupérer un peu pour apprécier ces dernières lignes droites. Je mange mes trois dernières dattes, bois un peu de ma mixure (citron, miel, sel, un goutte d’huile essentielle de menthe, thé vert et eau) et me dis que le plus dur est derrière moi. Je repars, aie aie aie, c’est dur… mais ça passe, la foulée revient.

Bientôt, après deux interminables lignes droites, j’aperçois la porte de Brandenburg, je pense à la chute du mur, me remémore y avoir assisté sur mon petit écran noir et blanc rue des Récollets avec Bruno. L’Allemagne, la patrie de mes ancêtres, toutes ces horreurs ici et ailleurs, tous ces gens qui ont souffert… Ce peuple qui semble devenu si fort et moi je me plains parce que j’ai une petite douleur dans le dos alors que je suis libre, que je cours un Marathon, (un deuxième Marathon même), je suis en bonne santé, je peux vivre.

Je pense à ma petite maman, à mon papa qui la soigne avec tellement d’amour, à cette chance d’avoir une famille, des amis, un chéri qui sera à l’arrivée, je m’encourage, c’est bientôt la fin.  Vas y Chris, dernière ligne droite et à l’arrivée il y aura un poncho bien chaud, un t-shirt sec, une médaille, et une bière… vas  y Chris accélère, cours pour tous ces gens que tu aimes et qui ne peuvent pas courir. Le Marathon est comme la vie, des hauts, des bas, des moments d’euphorie, de découragement, des relances, des rencontres, des pensées bizarres. C’est un parcours, un chemin initiatique.

Le Marathon oblige chacun à pousser son corps et son esprit au delà des limites quotidiennes. L’arrivée est un mélange  d’émotions mêlées (mixed feelings disent les américains). C’est vraiment fort. J’entends mon nom au hauts parleurs, la clameur du public qui applaudit tous ces coureurs qui arrivent épuisés mais si heureux.

À l’arrivée de ces 42,195 km. La joie, la fierté, la souffrance, et surtout la satisfaction d’avoir couru ce Marathon d’un bout à l’autre et d’être là heureuse, appréciant l’effort accompli.

J’attrappe mon portable et téléphone à mes parents pour leur offrir ma course. Entendre ma petite maman me tire presque les larmes. Je suis si heureuse de lui dédier ma victoire.

4:54:04, c’est une demie heure de moins que le NYC Marathon. Le contexte est différent, je suis fière de moi.

Second Marathon bouclé, je retrouve mon chéri qui lui a couru presque une heure de moins que moi. Il est aussi content de sa course lui qui, 48 heures avant était malade au fond de son lit.

Le Reichstag trône derrière nous sous la grisaille, la pelouse est parsemée de plastiques bleus et gris (les panchots qui couvrent les coureurs à l’arrivée). C’est vraiment un beau et bon moment de partage cette arrivée.

Je repense à une inscription lue sur le t-shirt d’un marathonien : « la souffrance passe, la fierté reste ». C’est exactement ça le Marathon, c’est comme la vie !

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Putting my Life in boxes

« Je suis convaincu que, si nous voulons résister à la pression mortelle de la société de masse et lui faire contrepoids, notre œuvre doit être imprégnée de notre personnalité.D’une façon générale, le choix d’un travail ne devrait pas être dû à la commodité, au hasard, à l’opportunité, mais résulter de la conception que nous avons de notre épanouissement individuel dans le monde actuel, afin que le produit de notre activité, tout en étant objectivement utile, exprime également notre idéal personnel. »

Bruno Bettelheim, le cœur conscient, livre de poche 1er trim 1077, p.28

Citation oubliée puis retrouvée ce matin, dans « carnet de citations », au fond d’un tiroir…
C’est drôle, lorsque l’on met sa vie en cartons, de retomber sur de vieux cahiers, sur de petits objets oubliés et pourtant tellement chargés d’une certaine histoire qui nous revient en mémoire à leur simple vue.  

Mettre sa vie en cartons c’est aussi mettre de l’ordre dans ses souvenirs, dans ses désirs, dans ses relations. 

Une photo, un bibelot, une carte postale, dont nous avions oublié l’existence réapparaît, et avec, c’est un bond de trente, de vingt, de dix ans en arrière. 
« Elle, n’est plus là ! » « Tiens, qu’est-il devenu ? » « C’était sympa ces vacances ! », « whouah nous étions jeunes ? », « il était trop mignon petit ! » Etc.
Cette plongée au cœur des souvenirs interpelle, réveille des émotions, des sensations. Elle nous rappelle que nous sommes vivants, construits par une somme de sentiments, d’événements… Elle questionne : »au fond, que faut-il garder ? Que faudrait-il jeter ? Pourquoi ? »  

Faut-il avoir peur d’oublier ? Que faut-il oublier ? 

Faut-il conserver ? Que faut-il conserver ? Et pourquoi conserver ? 

Est-il bon de réactiver les souvenirs ? Eux qui appartiennent au passé, notre passé, celui auquel nous ne pourrons rien changer quoi qu’il arrive… 

Ce regard si vivant sur les photos de nos morts… L’enfant devenu grand, l’être aimé perdu de vue, les fêtes, les spectacles, les écrits… 

Tous ces kilos de papier ! Des kilos entiers mis en cartons au rayon des souvenirs !

Que faut-il garder ?

Une vraie question que ce poids du passé. Notre mémoire, est-elle dépendante des objets qui nous entourent ? 

Peut-être effectivement en partie oui. Les objets réactivent la pensée de moments parfois oubliés. 

Cette plongée dans mon passé, le choix de garder, le choix de donner, le choix de jeter, me donne le choix de mon avenir.
Quoi qu’il arrive nous irons tous au même endroit, celui là même où nous n’aurons plus besoin de rien que de notre paix intérieure. 

En attendant, ici bas nous cherchons tous Le bonheur. Pas le bonheur furtif de posséder des objets, mais le bonheur profond d’être en paix avec nous même, et donc avec les autres. 

En mettant ma vie en carton, je fais le choix de ne garder que les souvenirs des jours heureux. Je jette la souffrance au feu. Son expérience a contribué à créer qui je suis aujourd’hui. En revanche, les plaies refermées n’aiment pas être réouvertes ! J’aime les cicatrices de mon cœur parce qu’elles m’ont probablement rendue meilleure. 
Une vie, ma vie, est enfermée dans une cinquantaine de cartons. 

C’est drôle, un carton par an ! Plus une quinzaine pour mon fils de 17 ans, (mais il n’a pas terminé d’emballer !)

Et si, demain il y avait le feu dans mon garage ? 

Il ne resterait probablement des souvenirs tangibles de ma vie qu’un tas de cendres ! 
L’être que je suis devenu aujourd’hui, grâce à ce temps qui m’a forgé, grace à ces expériences qui m’ont sculptée, continuera d’exister et d’évoluer. 

Il remplira peut-être de nouveaux cartons de sa vie future qui deviendra passée… 

Cependant, au présent, il importe de ranger, trier, nettoyer pour, dans quelques semaines commencer à écrire sur une nouvelle page blanche.

Un éternel recommencement 

Le temps, les minutes, les jours sont une invention de l’homme. Passer dans une nouvelle année ne s’avère en fait qu’une illusion comme la plupart des choses sur cette terre.

L’heure est pourtant au bilan de ce temps passé nommé année 2016. Pour moi, elle a été riche d’enseignements, de joies, de bonheurs. Les souffrances, les déceptions, les trahisons je les nomme expériences ou travaux pratiques.

Il serait exhaustif de citer ici tous ces instants qui ont composé cette année et qui ont généré quelques micros changements, quelques petites avancées sur ce chemin sinueux du bonheur. Les émotions, les sentiments sont le carburant de la vie, les apprécier pleinement, les accueillir vraiment, admettre ses faiblesses pour en faire ses forces voilà une jolie leçon qui m’a été offerte.

J’écris moins, j’agis plus, je stresse moins, je médite plus, je grossis moins, je cours plus, je râle moins, je patiente plus, je m’obstine moins, je renonce plus facilement…

Ma famille et mes amis sont mes trésors, je fais le vœu pour cette année qui commence de les voir plus, de les serrer souvent dans mes bras et de réussir à leur dire que je les aime (à défaut je l’écris pour ceux qui lisent 😉).

Cette année j’ai appris que l’amour se construit, qu’il n’est que le reflet de comment chacun souhaite le vivre et que le vrai partage arrive lorsque nous admettons qui nous sommes. Les bleus, les cicatrices de la vie, guérissent peu à peu grace au respect de notre être. Il semble impossible de ne plus avoir peur, cependant apprendre à exprimer ses peurs permet de mieux les comprendre et surtout que les autres vous comprennent mieux.

« Je suis comme je suis… » écrivait Jacques Prévert, j’ai appris que je suis qui je suis, et que j’ai beaucoup de chance d’être ainsi aussi imparfaite. Chaque jour, je choisis, je grandis, j’apprends, je comprends et je m’applique à devenir meilleure.

Le temps ne serait-il finalement qu’un chemin parcouru propre à chaque individu, son découpage ne servirait peut-être qu’à placer un curseur commun ?

Ce blog est passé un peu en sommeil, d’abord parce que mon besoin d’écrire est peut-être moins pressant, aussi parce que je ne prends pas le temps de m’en occuper réellement car sa finalité s’avère encore obscure, et parce que finalement peu de personnes le lisent, réagissent, s’y intéressent. Mon ego aurait besoin de public pour mettre en œuvre la motivation ? Certainement !

La vie actuelle est ainsi, la communication excessive tue la communication réelle.

Alors, cette année, je vais essayer de me déconnecter pour mieux me reconnecter. Entendre, voir, écouter, écrire des cartes postales ou des lettres, dîner ou déjeuner plutôt que de « textoter » , « facebooker », « mailer » et m’enfermer dans une représentation technologique d’un « moi » idéal qui s’éloigne peu à peu de mon être. Me rapprocher des êtres que j’aime, les regarder, les câliner, échanger de la chaleur, de l’amitié et du bonheur.

À tous mes lecteurs, je souhaite une belle année riche d’instants en pleine conscience, de paix intérieure, de grands et de petits bonheurs et de jolies découvertes.

 

 

Love

I’m sharing this text about love from Jalāl ad-Dīn Muhammad Balkhī and in the West simply as Rumi, he was born on September 30, 1207 C. E. in Balkh Province, Afghanistan.

When Love comes suddenly and taps
on your window, run and let it in but first
shut the door of your reason.
Even the smallest hint chases love away
like smoke that drowns the freshness
of the morning breeze.
To reason Love can only say,
the way is barred, you can’t pass through
but to the lover it offers a hundred blessings.
Before the mind decides to take a step
Love has reached the seventh heaven.
Before the mind can figure how
Love has climbed the Holy Mountain.
I must stop this talk now and let
Love speak from its nest of silence.

Rumi

Le pouvoir de la vulnérabilité

« To love someone fiercely, to believe in something with your whole heart, to celebrate a fleeting moment in time, to fully engage in a life that doesn’t come with guarantees – these are risks that involve vulnerability and often pain. But, I’m learning that recognizing and leaning into the discomfort of vulnerability teaches us how to live with joy, gratitude and grace ». Brene Brown

Merci Misa d’avoir partagé cette phrase avec moi et de m’avoir conseillé la conférence TED que je vous conseille à mon tour. Cette femme est extraordinaire et explique avec humour ce que nous sommes nous les humains.

Breathing life

Le souffle est notre première lueur, le souffle est notre dernière étincelle.

Inspirer, expirer nous maintient en vie. Quoi que nous fassions le souffle est là, lorsqu’il nous abandonne c’est la mort.

Ici bas, nous devons composer avec notre patrimoine génétique, une apparence, un corps que nous n’avons pas choisi.

Au fil de la vie, nous grandissons, et petit à petit prenons conscience que ce corps qui nous a été offert n’est finalement qu’un véhicule qui nous déplacera de notre premier à notre dernier souffle. Combien de respirations seront effectuées dans cet intervalle incertain ?

Longtemps j’ai détesté être, ce que je pourrais nommer, prisonnière de mon corps. Je le percevais trop grand, trop lourd, trop rigide. Je l’ai boudé, maltraité, méprisé.

Il y a quelques mois, par hasard (s’il existe ?) je suis arrivée chez Misa pour participer à un atelier de Yoga nommé « Relax and Renew » que l’on pourrait traduire par détente et renouveau (du moins, c’est comme cela que moi j’ai perçu les choses !). Peut-être faut-il préciser que j’avais déjà tenté une première approche du Yoga il y a quelques années et, qu’après une petite dizaine de cours passés à essayer de singer de belles femmes souples, qui semblaient prendre tellement naturellement de magnifiques postures aux noms poétiques d’animaux magiques, je me sentais encore plus raide, plus lourde et plus encombrée par ce corps sur lequel, il me semblait totalement impossible d’avoir un quelconque contrôle.

En fait, je ne devais pas être prête à ce moment là, ou je n’étais peut-être pas non plus au bon endroit ?

L’atelier Relax and Renew fut comme une sorte de révélation, mais aussi un peu comme une réunification de beaucoup de choses que j’ai pu, durant ma courte vie, toucher du doigt sans en réaliser réellement le sens profond. Pour pratiquer le Yoga, il faut d’abord accepter ce que l’on est et aimer ce corps qui nous sert de véhicule tout au long de notre vie. L’aimer quel qu’il soit, le respecter et en prendre soin. Le yoga fait du bien.

Je ne suis, pour l’instant, qu’un petit bébé yogi, mais j’ai compris grâce à ces premiers ateliers (que j’attends chaque semaine, avec impatience), qu’au fond de moi résidait le secret de la puissance qui habite chaque individu.

Tout est souffle, tout est respiration, j’inspire, j’expire donc je vis.

Je respire, donc je suis, je respire comme je suis.

Les émotions, le sport, les relations avec les autres êtres, le sommeil, etc. tout est souffle.

Je tente de respirer en conscience au maximum dans mon quotidien. Le matin, au réveil, je prends le temps d’écouter mon souffle, je remercie la vie d’être là, je respire l’air de la pièce, le parfum et le souffle de l’homme qui partage parfois mes nuits, je respire son premier sourire, sa chaleur, son amour, le mien… Je m’étire et dis bonjour à ce corps qui va transporter mon âme au fil de la journée.

Lorsque je mange, me lave, cuisine, travaille, cours, me détends, lis, pilote ma moto, traverse Paris, ou simplement suis là ici maintenant, je tente d’aiguiser peu à peu la conscience de ce que je vis. Par exemple, ces larmes qui coulent lorsque mon adolescent de fils me pique en plein cœur, je les respire. Elles sont l’expression de la souffrance de ne pouvoir l’aider à soigner la sienne. J’identifie l’impuissance et je l’accepte. Lorsque je cours dans la forêt après la pluie, j’écoute mon souffle, il traduit l’état de mon corps. Un petit coup de fatigue, une bonne inspiration… Là, le chant d’un oiseau, que c’est beau… Que c’est bon cette odeur d’humus et de fleurs fraiches, j’expire et imagine que j’expulse mes mauvaises pensées et les doutes qui parfois assaillent mon esprit. Le souffle nourri mon corps, apaise mon âme. En conscience je tente de l’utiliser pour détendre ma nuque, mes épaules, tous mes muscles raidis au fil des ans parce que je n’étais pas encore consciente que l’air pouvait tout alléger.

Le secret c’est de lâcher prise et, pour cela, être au plus près de son souffle semble indispensable. Tout cela n’est pas magique et on ne change pas un demi-siècle de mauvaises habitudes en quelques semaines. En revanche, prendre conscience que tout est souffle, s’exercer à analyser, scanner nos respirations devrait nous mener vers de réels progrès.

Outre de belles rencontres avec de belles personnes, Relax and Renew est une sorte de rendez-vous de régénérescence de mon esprit et de mon corps. Travailler en harmonie, en sécurité avec ces autres êtres, se laisser guider (en français ou en anglais selon les participants) par la voix bienveillante de Misa est chaque semaine un vrai bonheur.

Il y a, parfois dans la vie, de petites choses qui génèrent en nous de grands changements. L’essentiel est ne ne pas les laisser passer. Respirons tout ce que la vie nous offre, même si parfois l’émotion est difficile, vivons la, inspirons, expirons, détendons notre corps pour écouter le message de notre esprit. Regardons le monde avec le miroir de notre âme, regardons nous sincèrement et crions « Merci la vie ».

Pantoum

Un Pantoum est un poème malais de vingt vers, dont plusieurs se répètent. Il aide à visualiser l’essence du moment et à cerner ce qui se trame au fond de nous. Une écriture méditative et amusante, qui traduit ce qui apparait à l’esprit spontanément.

Je me suis prêtée au jeu dans un TGV qui me ramenait vers Paris avec pour thème ce qui me (pré)occupe en ce moment ?

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Faut-il ouvrir un jour mon coeur à l’amour ?
Dans un train à grande vitesse,
Les paysages défilent sous mes yeux, champs, forêts, espaces de liberté,
L’amour, au fond de mon coeur blessé, timide n’ose pas s’épanouir.
Dans un train à grande vitesse,
La vie défile, rapide et trépidante,
L’amour, au fond de mon coeur blessé, timide, n’ose pas s’épanouir,
Souhaite éclore comme une fleur de lotus.
La vie défile, rapide et trépidante,
Là, maintenant, dans cet instant présent,
Souhaite éclore comme une fleur de lotus,
Prend racine dans la vase, traverse l’eau vers la lumière,
Là, maintenant, dans cet instant présent,
En paix, calme et sereine,
Prend racine dans la vase, traverse l’eau vers la lumière,
Après ce long et douloureux chemin, le soleil éclaire la vie,
En paix, calme et sereine,
Là, maintenant, dans cet instant présent,
Après ce long et douloureux chemin, le soleil éclaire ma vie,
Faut-il ouvrir un jour mon coeur à l’amour ?

03-2015

Le pouvoir de la gratitude et du don

« Pratiquer la gratitude est une façon simple et efficace d’amener du positif et plus de bonheur dans votre vie et, plus pragmatiquement, dans votre quotidien. La gratitude, c’est un sentiment de reconnaissance que nous éprouvons lorsque nous réalisons la saveur de ce que nous vivons. » Florence Servan Schreiber

Le pouvoir de la gratitude est immense et chaque jour, je m’applique à apprécier le verre à moitié plein et de me réjouir de tous ces cadeaux que la vie m’offre. La course est une source intarissable de bonheur que j’aime partager.

Courir pour le plaisir, courir pour se dépasser, courir pour oublier, courir pour vivre…

Cette chance de pouvoir enfiler ses chaussures de running, de partir pour quelques heures en forêt, pour un tour dans le parc de Maisons Laffitte, pour un entrainement avec les gens sympathiques du club, pour un trail, pour une course, un semi ou un marathon ou juste pour le plaisir de sentir son corps bouger.

Beaucoup d’entre vous m’encouragent au quotidien et suivent ma modeste progression dans mes aventures de course à pied. Votre soutien m’est précieux. Merci.

Chacun de vous peut aujourd’hui participer directement.

Comme écrivait Winston Churchill « On gagne sa vie avec ce que l’on reçoit, mais on la bâtit avec ce que l’on donne. » Alors, finalement, avoir l’opportunité de courir pour donner offre encore plus de sens à cette pratique.

Courir pour aider des jeunes à recevoir une formation et à construire leur avenir est un défi fabuleux auquel chacun de vous peut participer.

Le 19 juin 2016, je participerai à la course des héros.Vous pouvez m’encourager et me soutenir. Pour participer, chaque coureur s’engage à récolter une somme pour soutenir une association. C’est un défi caritatif. Les fonds sont collectés via un site sécurisé. Toutes les sommes versées iront directement à l’association que le sportif représente.

J’ai choisi de courir pour soutenir le projet de l’École du bois car je connais personnellement les fondateurs. Cette école forme de jeunes cambodgiens aux métiers du bois afin de leur offrir un avenir prometteur. Vous pouvez aller visiter le site de l’EDB pour vous faire une idée plus personnelle des actions menées sur http://www.lecoledubois.org/ (présentation en anglais) et http://www.lecoledubois.org/fichiers/EDB%20Presentation.pdf (présentation en français)

En faisant un don à l’École du Bois vous contribuez à défendre un principe qui m’est cher et que Lao Tseu a merveilleusement mis en mots : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. »

Vous pouvez donner, chacun selon vos moyens via cette page http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld en cliquant sur « faire un don ».

Les dons sont sécurisés et les sommes iront directement à l’association. Il n’y a aucun intermédiaire.

Pour remercier tous ceux qui auront fait un don sur ma page http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld j’offrirai un cadeau de remerciement.

Vous avez été nombreux à apprécier mes photos qui illustrent ce blog alors offrez vous le plaisir d’en détenir un tirage chez vous.

Faites un don et vous recevrez un tirage original (13 X 18) dédicacé de la photo que vous choisirez parmi toutes celles parues sur ce blog.

« C‘est en donnant que tu recevras. » Içavâsya Upanishad, Les Upanishads (livre sacré de l’Inde)

Alors donnez, vous recevrez, savourez le plaisir du don, vous ressentirez de la gratitude et vous vous réjouirez de contribuer à construire l’avenir.

http://www.alvarum.com/chriszeppenfeld

 

Des êtres exceptionnels

Beaucoup d’entre vous ont réagi à mon post sur les hypersensibles.

Un très bel article, très éclairant que je partage avec vous.

Les personnes hypersensibles sont des êtres exceptionnels